Le sens des responsabilités

Premier secrétaire de la Fédération du Parti socialiste en Essonne, membre de la direction nationale du Parti socialiste, Président du groupe socialiste à la Région Île-de-France, j’ai parrainé Benoît Hamon, je fais sa campagne et je voterai pour lui à l’élection présidentielle. Pour l’avenir de notre formation politique, il est indispensable qu’il obtienne le meilleur score possible.
Si le résultat était mauvais, voire s’il était inférieur à celui de Mélenchon, cela pourrait impacter durablement la crédibilité et la solidité de notre Parti. Nous pourrions en être collectivement tenu.e.s pour comptables. Et ce n’est pas seulement le risque de revenir à des rapports de force au sein de la gauche d’avant le congrès d’Épinay, c’est la centralité du Parti socialiste, sa capacité même à rassembler, à gouverner tant au plan national que local qui seraient remis durement en cause. Ce serait enfin un boulevard qui s’ouvrirait pour la droite réactionnaire et l’extrême droite.
Socialiste, social démocrate, social réformiste, progressiste donc de gauche, je suis fier de mes convictions, de mon engagement et de mes votes, notamment pendant mon mandat de Député. J’ai, à ma place, servi mon pays et la majorité parlementaire. Mes actes et mes prises de position en témoignent.
J’ai mon avis sur la campagne de Benoît Hamon, sur ce qui fonctionne, sur ce qu’il conviendrait d’améliorer, sur les choix qu’il a opérés après son investiture et leurs conséquences sur la situation actuelle. Parce que j’exerce des responsabilités dans ma formation politique, parce que c’est ma ligne de conduite, je réserve mes commentaires sur la campagne, mes bons points et mes cartons rouges où ils ont lieu d’être exprimés : dans nos instances fédérales et nationales.
J’aurai été le suppléant de Manuel Valls pendant 15 ans, occupé le siège de Député de la première circonscription de l’Essonne le temps de ses responsabilités gouvernementales, et je suis son ami.
Manuel Valls est un homme d’Etat. Un de ceux qui ne transigent pas, qui font passer ce qu’ils croient bon pour leur pays et la République avant leur ambition personnelle. C’est aussi quelqu’un qui écoute, qui respecte tous les avis et les prend au sérieux. C’est un homme libre, qui laisse celles et ceux qui l’accompagnent libres de leurs décisions et de leurs engagements. Je m’honore de sa confiance, y compris dans les moments les plus compliqués de ma vie militante.
Pour toutes ces raisons, je ne supporte pas que certain.e.s, à commencer par celles et ceux qui se sont assis sur presque tous les votes du Parti socialiste pendant plus de dix ans – depuis le référendum européen en fait – viennent lui faire la leçon, utilisant un vocabulaire haineux indigne de notre formation, de son histoire et de ses valeurs. Certain.e.s, après avoir mis une énergie considérable à faire échouer le quinquennat de François Hollande, s’en prennent maintenant à l’honneur d’un homme, Premier ministre, et en cela démontrent leur inconséquence et leur irresponsabilité face aux véritables enjeux auquel notre pays est aujourd’hui confronté.
Après l’élection présidentielle, les élections législatives et sénatoriales et quels qu’en soient les résultats, il faudra bien que les militant.e.s de la gauche républicaine et réformatrice se retrouvent et œuvrent ensemble. La responsabilité de chacun.e, dans ce moment charnière, est donc de garder son calme et de rester digne, à la hauteur des défis qui sont face à nous.
Le Parti socialiste a tellement donné, tellement fait pour nos concitoyen.ne.s en dirigeant les collectivités locales – nos villes, nos départements et nos régions – ainsi qu’à la tête de l’Etat. Ces conquêtes et ces avancées font notre honneur. Si nous voulons continuer à jouer notre rôle historique, celui de l’émancipation de nos concitoyen.ne.s, de notre capacité collective à influer sur le réel, à corriger les inégalités, à promouvoir la justice sociale, nous devons être en capacité de nous retrouver.

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